LE VELO COUCHE, son histoire. Des vélos en position assise/horizontale ont existé depuis la fin du 19° siècle . Avant l'arrivée de la transmission par chaine cela concernait surtout les tricycles. En moins de 10 ans après les premiers vélos 'conventionnels' de Stanley et Sutton et de Starley les premières images de modèles couchés, façon Low racer d'aujourd'hui,apparaissent déjà dans la presse. Une image de 1893 montre nous déjà la position de Low Racer avec une tendance sieste que l'on a eu du mal à s'en défaire. En 1897 la marque Challand sur catalogue proposait déjà un vrai vélo assis/couché, dont 1 modèle même avec traction avant. Il y avait déjà des modèles à guidon haut et bas. Puis des vélos confortables à pédalage horizontal de série ont été fabriqués par Brown aux USA, le vélo assis avec cardans de Jarray, vendu en nombre, et même Peugeot avait un modèle assis base longue, sur sa catalogue des années avant guerre (la 1ère de 1914)! Jusqu’à la 2ème guerre mondiale de nombreux vélos horizontaux furent construits par différents ateliers,dont le Vélo-Vélocar de Mochet et proposés sur Salons de vélo et par publicités dans la presse écrite. Vélorizontal construisait une version améliorée (ligne de chaîne) déjà du vélo Mochet sous licence du dernier. Des inventeurs, des fabriquant,dans le domaine du vélo tout a été réinventé plusieurs fois, sauf sa roue. Dans un premier temps les apparitions de modèles horizontaux mettaient l'accent sur le confort et non pas sur la vitesse supérieure encore inconnue, même si les routes étaient mauvaises et les suspensions absentes. Mais des inventeurs de tout bord et de tout pays ont œuvré en parallèle souvent sans le savoir : le vélo couché n'est donc ni d'origine française ni hollandaise mais internationale. Avant la 2ème guerre mondiale on trouve déjà des exemples dans la plupart des pays européens de modèles couchés destinés au grand public. Sans oublier l'allemand (de l'Est)Paul Rinkowski qui sortait déjà des vélos couchés suspendus et à roues pleines(!) dans les années 50, il faut attendre 40 ans pour revoir des tentatives sérieuses dans certains pays européens, le Vélérique en Belgique, le Roulandt en Hollande, fin des années 70, suivi par Flevobike dans les années 80, puis la liste des marques 'grand public' M5, Optima, Challenge et HP qui ont su s'imposer par la suite. Pour les premiers exploits sportifs le vrai hommage concerne 3 hommes : Francis Faure et Charles et Georges Mochet. Charles mochet, le père, fut constructeur du Vélocar, une voiture à pédales à 4 roues avec carénage à 2 places assises commercialisés dans les années 20 (jusqu'aux années 50). Les clients qui ne pouvaient se payer une voiture découvrirent les avantages aérodynamiques de ces engins. Afin d'exploiter ce potentiel les Mochet construisirent un Vélocar à 3 roues qui ils ont testé sur le Vélodrome d'Hiver de Paris. Pour contrer la fâcheuse tendance à survirer voir basculer dans les courbes lors des premiers tests sur ce vélodrome très court un essai fut fait avec un modèle à 2 roues. Ni plus ni moins un vélocar coupé en 2 non caréné, bref un vélo couché. Mochet, père et fils, ne découvrirent pas que des avantages en virage... En 1932 des essais avec des cyclistes 'du coin’, Martin et Castelain à Longchamps (!) donnaient le même effet qu'à ces jours : ils dépassèrent tous les cyclistes qui s'y entrainèrent en fixant le meilleur chrono à 4,55". Vite les Mochet ont été amené à prouver leurs impressions de vitesse par un record officiel et c'est là où leur rôle fut primordial. Mochet, le concepteur, et Faure, le coureur, ont été les hommes qui ont eu tort ou raison de prouver l'efficacité des vélos recumbents face aux vélos droits. Leur succès fut fatal pour son développement pendant plus d'un demi-siècle. Après avoir cherché en vain un cycliste professionnel connu, Georges Mochet avait trouvé en Francis Faure, vainqueur des 6 jours de St Etienne, le coureur qu'il lui fallait pour démontrer la supériorité du vélo couché en performance pure. Beaucoup a été écrit sur Mochet, mais peu sur Faure, qui était un athlète hors pair, bien que moins connu que son frère Benoit, il fut un excellent sprinter et se révéla très efficace sur vélo...couché. Le 7 juillet 1933 il roulait avec le vélo de Mochet sur le vélodrome du Parc des Princes sans aucun carénage à une vitesse que beaucoup de 'bentrideurs' ne pourraient faire aujourd'hui sans leur dose en carbone et leur pointe arrière : 45,055 KM. Record mondial et absolu à l'époque. Notez que préalablement au record une demande écrite par Mochet fut honorée par l'UCI . Le vélo couché était bel et bien un vélo admis aux compétitions selon les textes de ces jours. Avec ce record il était plus rapide que l'ancien record d’Oscar Egg en vélo droit de 44,077 Km/h. Quand un certain Maurice Richaud(Fr) en septembre et le hollandais Jan van Hout en aout 1933 ont eux aussi dépassé ce record de Egg, mais tous 2 moins rapides que Faure, l'UCi s'est réuni pour définir quel record valider. Il ne faut pas dramatiser ici un complot de l'UCI comme certains le font souvent, même si Mochet avait raison d'invoquer le "fair play" pour protester contre ce déclassement après coup. Certainement a joué le fait que de nombreux changements avaient eu lieu ces dernières décennies et que les cyclistes voulaient une arme standard pour se battre, enfin, sans avantage par le matériel. Comme au tennis! La période du grand Bi n'était pas si loin et le dérailleur fut juste admis après de longues tractations. Et peut être qu'il y a eu des pressions de la part de fabricants et de coureurs. De l'autre côté les français possédant grâce au Faure quasiment tous les records étaient plutôt pour, ainsi que le Président de l'UCI de l'époque,encore un français, Rousseau. Donc les raisons, pour ou contre, que l'on peut invoquer sont nombreuses. Pour relativiser cette mise au placard notons aussi que Maurice Richaud a établi des nouveaux records "droit" en 1935 et 1936 à 45,4 ....supérieurs à celui de Faure en couché. On a donc raté un duel très intéressant... avec vainqueur inconnu, bien qu'en poursuite et en confrontation directe sur piste (très apprécié à l'époque des vélodromes) Faure battait Richard! Et rappelons aussi que le record en position couchée non caréné de Faure fut tout d'abord battu par un vélo droit caréné (!) par Berthet et son Vélodyne à 48,6 en septembre 1933, le premier des 2 records. Record non homologué également car interdit depuis 1914. Oui le 1er"VPH' était donc bien un vélo droit. En tout cas l'écart de vote de l'UCI n'était que de 12 voix contre le record de Faure (58 contre, 46 pour). Le record du Faure fut relégué aux rangs de vélos spéciaux. Dans lesquels se trouvent maintenant aussi les records de Rominger et Boardman des années '90 en vélo droit très aérodynamique... A nouveau les records de Merckx et Boardman à 49 km/h sont en haut du tableau. On ne peut pas maintenir un complot de l'UCI contre le vélo couché comme on le lit souvent, mais plutôt que cette fédération conservatrice préfère mettre l'exploit sportif que technique en avant . C'est même grâce à, ou à cause de Faure, entre autres,qu'en 1934 l'UCI a mis au point les règles strictes et contraignantes de hauteur de pédalier,selle et de géométrie de base pour les vélos... droits! Des règles arbitraires et très contestés s'appliquant à tous les vélos de course suite au record de Faure! En quoi, un recumbent a obligé les cyclos droits à de nombreuses contraintes dans leurs constructions pour des longues années à venir... Le vélo horizontal a obligé le vélo droit à se définir. La décision de l'UCI peut aussiparaitre comme logique. Sauf qu’en ce qui concerne le vélo couché il ne s'agissait pas d'un simple gadget ou d'un élément ajouté tel le turbo en F1mais bel et bien d'une invention majeure qui handicapera le sport cycliste tout entier l'obligeant à continuer de peaufiner des vélos moins efficaces et de géométries dépassés pour des longues années à venir. Pour l'essor du vélohorizontal le problème était surtout qu'après cette décision de l'UCI il a manqué d'acteurs commerciaux et de coureurs, pour donner un élan au nouveaux sport (vélos spéciaux) de s'intégrer à l'UCI. Comme on ne pouvait pas faire rêver le public, le vélo couché exclu des compétitions, il n'y avait plus de raisons commerciales pour financer des investissements pour le faire connaître.Il n'y avait pas encore de Cyclocross (où ils courent souvent à pied, hm!),VTT, BMX, Horse-ball... intégrés avec succès dans la Fédération, destinée à promouvoir toutes les branches du sport cycliste. Les participations de Faure furent nombreuses à des courses sur vélodrome mixtes et les confrontations étaient suivi par le grand public avec intérêt et relayées dans la presse. Les compétitions entre ses engins 'interdits' et trop rapides attiraient du monde sur les vélodromes. Dans la presse il y avait aussi bien de nombreux journalistes défenseurs de Mochet et de ses coureurs, d'autres clairement partisans du vélo unique défini par l'UCI. Gagnant presque toujours, Faure fut imbattable en poursuite et 5.000 mètres. Après la décision de l'UCI ces confrontations étaient abandonnées au rythme que la presse autour de cette décision tumultueuse s'est calmée. Francis Faure mourut en 1948 en Australie. Pour l’histoire complète des vélos couchés, souvent ignorée, notons les exploits sur route de l'espagnol Manuel Morand, en 1933 et 1934. Finissant en haut des tableaux d'une quinzaine de courses (Paris Limoges* / Paris Angers / Paris Troyes / Paris Contre etc.) il roulait tout seul en tête contre des équipes au complet et sans assistance en menant à des vitesses de 50 km/h, ce qui rendait des échappées impossibles. Suite à ces faits d'armes, Mochet (encore lui!) fut approché par quelqu'un qui voyait bien qu'il suffisait de former une équipe de coureurs en vélo couché pour tout remporter. Il proposait à Mochet de se lancer pour la construction de ces vélos pour le Tourde France de 1934! Mochet ne répondit pas à cette lettre comme l'auteur del'offre fut put respectueux avec Morand! Donc pas de TDF en équipe horizontale suite à cette mésentente! Comme en France la fédération cycliste UVF a appliqué les règles UCI que tardivement des entrées en course classique furent possibles encore quelque temps. Oui, l'essor possible dès les années 30 du vélo couché n'a pas eu lieu suite à de très nombreux facteurs... on peut appeler ça : "pas de chance!" Tirons en des leçons pour l'avenir. Surtout que l'intégration éventuelle sur route, dans les années 30, avec la folie TDF, aurait eu un impact nettement plus important que les records sur piste sur le grand public. Un fort lobby avec des équipes aurait autrement impressionné l'UCI qu'un simple coureur qui tournait autour de leur table de décision en 1934. Notez aussi que Georges Mochet mourut durant l'été 1934 et que sa famille avait autre chose en tête que s'occuper des homologations... Les fusées carénées ont été exploitées depuis le début du siècle dernier. De nombreuses tentatives eurent lieu. Aussi avec des vélos droits!! D'abord avec des carénages qui entouraient surtout le cycliste et non pas son vélo. Assez dangereux. Ainsi, Berthet,encore lui, avait déjà établi des records de l'heure. Après la chute mortelle du hollandais Piet Dickentman l'UCI les a interdits. En 1914... Les interdictions des vélos en position couchée et celle des carénages, cycliste couché ou droit,n'ont donc rien à voir, même si certains continuent à les confondre. Elles sesont produites à 2 moments différents et le premier concernait surtout la sécurité et le vélo droit. Ceci n'a pas empêché Berthet et Oscar Egg de continuer de rouler dans des carénages à part des records officiels, même âpres l'interdiction. Si on suit l'histoire, on comprend que de nombreuses pistes restent à explorer pour que les vélos couchés simples intègrent les fédérations cyclistes classiques,en catégorie "vélos spéciaux" ou en créant une autre catégorie à part (le BMX n'a pas non plus les cotes d'un vélo de tour de France!). Ce ne sont pas des vélos interdits, ce sont juste des vélos pour lesquels il faut une classe à part. Il suffit de le vouloir. Pour les compétitions en carénage un vrai exploit est venu en premier d'un coureur, encore en vélo droit : Marcel Berthet qui, malgré les interdictions de l'UCI, conduisit le premier vélo caréné à s'approcher des 49,9 km/h, aussi en 1933 à Monthlery! Et à 47 ans. Dire despossibilités des uns et des autres en carénage, droit ou couché.... Ne pensez pas que vous êtes le premier à fouler La Cipale en carénage ou en vélo couché! Entre Mochet/Faure et Berthet il y avait une saine compétition avec échange d'idées et un contact cordial et sportif. Ce record de Berthet en vitesse absolu sur l'heure fut repris par un 'couché' en 1939 à Vincennes (la Cipale inchangée!), toujours par Francis Faure, mais cette fois en caréné qui rassemblait déjà fortement aux fusées de ce jour. La période de la 2ème guerre mondiale a mis fin temporairement à toutes ces tentatives joyeuses en bicyclette... Il a fallu attendre les années '70 pour qu’un regain nous vienne des USA par la fondation du mouvement IHPV (mouvement international des véhicules à propulsion humaine) par Chester Kyle et Jack Lambie. Des projets universitaires qui ont ensuite eu écho dans le monde des amateurs cyclistes à la recherche d'engins écologiques et propres (dopage). On ne peut pas dire qu'il y a un lien clair avec les essais de Mochet, donc dire que c'est grâce à un tel ou un tel qu'il y a le vélo couché à ce jour.... Les universitaires américaines ont commencé par des essais avec des vélos debout carénés et qui petit à petit ont adapté la position couchée en fonction de leurs habillages de plus en plus bas ou en fonction de la stabilité pour les engins aquatiques (le planning sur un vélo debout faut le faire!). Puis l'entreprise Dupont a joué un grand rôle en offrant une somme importante d'argent (18.000 $) pour le sprint qui a permis d'entretenir la course plus d'une décennie et qui est toujours d'actualité pour les records à Battle Mountain en automne pour la vitesse absolue. Il s'en est suivi une interminable chasse aux records par des engins aux noms mythiques comme Gold Rush, Cutting Edge et Vector. Entre universités, des challenges entre pays et ensuite entre clubs HPV. Déjà en 1979 Fred Markham dépassait la barrière des 80 km/h.En France il y avait le Nilgo de Brichet, conduit par Laurent Chapuis. Les records sur terre sont détenus par le Canadien SamWhittingham. Sur l'heure à plus de 85 km/h et sur les 200 mètres lancés à plus de 130 km. Dans les années 80 et 90 apparurent les 1eres marques de constructeurs professionnels dans les pays nordiques, notamment en Hollande avec le fameux quatuor M5 Challenge Optima et Flevobike. Le marché, bien que confidentiel, se développe encore tous les ans et trouve ses adeptes parmi les voyageurs, fanas de vitesse, écolos et autres cyclos ayant mal aux dos. A ce jour la plupart de records sont détenus par des vélos couches carénés ou non carènes mais cette discipline n'est toujourspar entré dans l'UCI... Texte copyright Mark Scherpenzeel écrit 2004 corrigé 2008
Distribution Optima France : Airodin Sports BP 110 Z.A. 33510 Andernos - France. Tél : 05 57 70 29 44. Plan du site : accueil - gamme des vélos couchés optima - info vélo couché - photos - revendeurs - nous contacter - liens- remorque quikpak
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